La collection francophone de la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa passe au numérique

Tony Horava

Tony Horava

La Bibliothèque de l’Université possède une importante collection de livres, de périodiques et d’autres publications en français et constitue, par conséquent, une source majeure d’ouvrages de langue française. Mais certains de ces ouvrages peuvent s’empoussiérer pendant des années sur les tablettes avant qu’un lecteur daigne s’y intéresser.

Cependant, un projet innovateur de l’Université d’Ottawa grâce auquel 22 000 de ces ouvrage s ont été numérisés vient changer la donne. Ce projet, financé par la province, et par la direction et la Bibliothèque de l’Université (respectivement 900 000 $, 500 000 $ et 400 000 $), en est maintenant à sa dernière phase.

Les chiffres démontrent déjà l’énorme succès de l’initiative. Depuis le début du projet, en 2010, les documents de l’Université d’Ottawa ont été téléchargés plus de 800 000 fois – et ce, bien que le projet ait bénéficié de très peu de promotion. Le site Internet Archive met gratuitement à la disposition de quiconque possède une connexion Internet 77 000 publications en français provenant des bibliothèques canadiennes. Et avec ses 22 000 ouvrages mis en ligne, la Bibliothèque de l’Université est la principale contributrice de textes francophones. Voilà qui démontre bien l’engagement de l’Université envers le libre accès.

« À l’ère du numérique, pour beaucoup de personnes, si un document n’est pas en ligne, il n’existe tout simplement pas », explique Tony Horava, bibliothécaire adjoint (Collections) à l’Université d’Ottawa et coordonnateur de projet. « C’est pourquoi l’objectif de ce projet était non seulement de créer des copies numériques des ouvrages de notre collection francophone, mais aussi de la rendre accessible gratuitement au plus grand nombre de gens possible. »

La Bibliothèque a collaboré avec Internet Archive (IA), un organisme sans but lucratif, pour s’assurer que les ouvrages soient rendus accessibles gratuitement et sous de multiples formats à quiconque utilise Internet, grâce au modèle de libre accès. Après avoir trouvé les milliers d’ouvrages pertinents entrés dans le domaine public, c’est-à-dire publiés avant 1923 – un énorme défi logistique –, et s’être assuré que ceux-ci ne faisaient pas déjà partie de la collection de livres francophones de l’Université de Toronto, également numérisée, on a envoyé les livres sélectionnés au centre de numérisation d’IA, situé à l’Université de Toronto.

Par la suite, l’équipe de la Bibliothèque a dû répartir les livres en lots pour faciliter leur livraison, s’assurer qu’ils seraient proprement livrés et retournés, et fournir les métadonnées de leur catalogue au centre de numérisation. Le projet est en cours depuis près de trois ans et sera bientôt complété.

« Ce projet est le résultat d’un formidable travail d’équipe, estime Tony Horava. De nombreux employés ont contribué au projet d’une façon ou d’une autre. De plus, c’est vraiment satisfaisant de voir le nombre de personnes qui consultent la collection en ligne pour avoir accès à une grande variété de documents pouvant servir à leur recherche. Cela démontre bien la valeur d’un projet comme celui-ci. »

Des catalogueurs, des bibliothécaires spécialisés, des responsables de collection, des préposés au rangement des documents, des employés administratifs, et du personnel chargé des collections spéciales et du paiement des comptes ont participé au projet, ainsi que la bibliothécaire en chef Leslie Weir, qui a convaincu la direction de l’Université d’amorcer cette démarche. Le personnel de l’Université Saint-Paul et du Centre de recherche en civilisation canadienne-française ont aussi procédé à la sélection des ouvrages à numériser dans le cadre de ce projet.

Toutes les fiches du catalogue de la Bibliothèque comprendront des liens vers les documents en ligne sur le site d’Internet Archive. Ainsi, si quelqu’un n’arrive pas à mettre la main sur la copie papier d’un document, il pourra facilement accéder à sa version numérique. L’équipe de Tony Horava travaille actuellement avec les Archives de l’Université pour numériser les anciens numéros de La Rotonde et du Fulcrum.

Vous pouvez consulter la collection de l’Université d’Ottawa sur IA par l’entremise du portail de l’Université d’Ottawa sur Internet Archive.

4 Réponses à “La collection francophone de la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa passe au numérique”

  1. A. Roy-Desjardins

    Cette initiative me semble louable… du moins, si j’en ai bien saisi l’objectif. S’agit-il de bonifier l’accès aux collections par la numérisation, ou en revanche de justifier le retrait de milliers d’ouvrages des rayons? S’il s’agit de faire de la place sur les rayons, un exercice comme celui-ci qui vise spécifiquement _les livres français_ me semble d’autant plus malheureux. Welcome to the University of Ottawa Library?

    Répondre
    • Tony Horava

      Bonjour, Je veux clarifier que le but de ce projet est de bonifier l’accès aux collections ( a travers l’Internet) et non de retirer les documents qui sont numerisés.

      Merci, Tony Horava

      Répondre
  2. Hervé Kouakou

    Comment faire pour que la numérisation des ouvrages d’une bibliothèque n’écarte pas les droits d’auteurs surtout que les ouvrages peuvent être téléchargés ?
    Comment sécuriser le téléchargement illicite ? Comment reverser les droits d’auteur aux auteurs ?
    Je pose ces questions parce que nous voulons au niveau de notre structure passer à la numérisation du fonds documentaire en passant par un projet pilote d’environ 100 titres d’ouvrages.
    Pour rappel je suis ivoirien et je vis en Côte d’Ivoire où je travaille dans un centre universitaire qui accueille chaque année environ 600 étudiants (long cycle et court cycle).
    Merci de me répondre. Bien à vous.

    Répondre
    • Tony Horava

      Bonjour,
      Je m’éxcuse pour le délai de ma réponse.
      Pour faire un projet de numérisation, il faut d’abord verifier les lois de votre pays concernant le droit d’auteur – la période de protection, p.ex la vie de d’auteur + x nombre d’années. Ensuite il faut verifier les dates de publication de vos ouvrages pour savoir s’ils sont dans le domaine public ou s’il faut demander la permission avant de procéder avec le numérisation. Ce sont des questions fondamentales a poser avant de commencer un tel projet.
      Si vous numériser que les ouvrages qui sont dans la domaine publique (i.e. hors de droit d’auteur) il n’y a pas de restrictions concernant la téléchargement.
      Bonne chance,

      Tony Horava
      L’Université d’Ottawa

      Répondre

Répondre