par Marie-Amélie Trilliard
Professeure Angel M. Foster,PhD, titulaire de la Chaire de recherche Écho en santé des femmes et professeure agrégée à la Faculté des sciences de la santé, a codirigé le tout nouveau livre Emergency Contraception: The Story of a Global Reproductive Health Technology, publié aux éditions Palgrave Macmillan. La contraception d’urgence (CU) est un médicament ou un dispositif utilisé après avoir eu une relation sexuelle non protégée pour éviter une grossesse. La pilule progestative constitue le contraceptif d’urgence le plus couramment utilisé dans le monde. Les pilules contraceptives d’urgence (aussi appelé « pilule du lendemain ») changent de nom selon les pays où elles sont distribuées; en Amérique du Nord, la plus vendue s’appelle Plan B.
Emergency Contraception rassemble des articles de différents auteurs portant sur l’utilisation de la contraception d’urgence dans divers pays. Bon nombre de ces auteurs avaient commencé à travailler sur leur recherche de façon individuelle avant le début du projet. Dans l’ensemble, deux années ont été nécessaires pour regrouper les articles et faire paraître la publication.
La professeure Foster est l’auteure d’une étude de cas menée sur la Tunisie, intitulée « Tunisia: A global leader in reproductive health and rights ». L’article porte particulièrement sur le lancement de la CU en Tunisie, qui, en 2001, est devenu le premier pays du monde arabe à disposer d’un produit du genre.
Selon Mme Foster, la Tunisie peut être considérée comme un leader mondial dans ce domaine, parce que la contraception d’urgence y a rencontré peu d’opposition et que la modification règlementaire de la CU, maintenant offerte sans ordonnance, est entrée en vigueur sans difficulté.
Dans son article, la professeure Foster explique pourquoi ces changements se sont produits facilement. Premièrement, en Tunisie, les contraceptifs d’urgence ont été présentés comme une option pour l’ensemble des femmes, et pas seulement pour les victimes de viol, comme ce fut le cas dans d’autres pays. Deuxièmement, comme la Tunisie a légalisé l’avortement en 1973 et élaboré peu de politiques à ce sujet, la fausse idée selon laquelle la CU est une forme d’avortement (largement répandue, mais inexacte d’un point de vue médical) n’a pas posé problème. Ainsi, toute controverse sur le mécanisme d’action de la CU a été évitée. Enfin, les différents intervenants du milieu des soins de santé – les infirmières, les médecins et les pharmaciens – ont tous appuyé la décision selon laquelle les pharmaciens peuvent distribuer la CU (c’est-à-dire qu’elle est maintenant offerte sans ordonnance, directement à la pharmacie).
En Tunisie, la CU est vendue en pharmacie à environ neuf dollars américains. Mais on peut aussi l’obtenir à un coût moindre ou même gratuitement dans des centres de planification familiale et des salles d’urgence.
La professeure Angel M. Foster continue de poursuivre ses recherches.









